Technique - Sécurité Glacier

Date: 5 juin 2010
Participante: Erica
Petit résumé du cours Technique - sécurité glacier proposé par le très sympathique et compétent guide François Mathey (son site: http://www.fm-guide.ch) histoire de ne pas oublier ces gestes techniques de base très utiles en cas de chute dans une crevasse!Surpris

Les thèmes abordés de la journée qui a eu lieu au glacier de Moiry début juin : Encordements, matériel technique, déplacement sur glacier, techniques de marche avec les crampons, passages techniques, taille de marche, ancrages, sauvetage crevasse, mouflages.

C'est parti sur le glacier :
A retenir (c'est pas exhaustif, juste un rappel mémo à mettre dans tous les i phonesSourire et n'hésitez pas à crier au scandale si des erreurs se sont glissées par inadvertance dans ce postLangue tirée):

- le matos : piolet, crampons, corde de 9-10mm de diamètre, 6 mousquetons, prussik, 1-2 sangles de min 8mm, 1-2 cordelettes de 6 mm de diamètre min. et 6 m de long, un bloqueur (type Ropeman de Wild country, ou Mini-traxion de Petzl), 1 tibloc ou prussik, éventuellement une poulie oscillante, 1-2 vis à glace. (NB: les puristes et autres Autrichiens pourront tout faire avec une cordelette et un couteau suisse mais je préfère le kit...).

- min. 8-10 mètres de corde entre les cocos (voire plus si on est que deux, qu'on a Orange comme opérateur, que la neige est pourrie et les ponts de neige pas amicaux, etc...).

- corde toujours TENDUE, en particulier dans les passages techniques (crevasses, torrents glaciaires, rimayes, etc..) qu'on aborde perpendiculairement (= pas parallèlement pour les nuls en géomètrie). 

- on prévoit une réserve de corde (attachée correctement, je vous laisse le soin de vous renseigner) d'environ 10 mètres pour le premier et le dernier de cordée, histoire de pouvoir organiser le sauvetage ci-après.

- on prépare dans le même but une "poignée" (queue de vache ou prussik) sur la corde à environ 30 cm devant soi. Cette "poignée" a deux fonctions : retenir le petit malin qui tombe dans la crevasse PUIS transférer le poids de ce même petit malin sur notre ancrage une fois mis en place avant d'organiser le mouflage proprement dit.

C'est parti dans la crevasse : oups!

- Premier réflexe : ouh le choc est rude mais on plante ces crampons qui ne sont pas là juste pour faire peur, on tient la poignée et on utilise nos biceps qui ne sont pas là que pour faire joli et on bascule vers l'arrière (photo). On se stabilise suffisamment pour transférer le poids sur nos jambes et se libérer les mains. Si, si ça tient! mais on évite les gestes brusques sinon c'est départ pour aller rejoindre l'autre copain au fond! 


- Deuxième étape : l'ancrage. Il faut trouver un moyen de faire un ancrage béton du premier coup, si c'est pas le cas, il faudra faire un deuxième ancrage et le coupler au provisoire à l'aide d'un noeud de freinage (voir le haut de la photo). Donc, malgré le poids qui se fait sentir sur la poitrine, on prend le temps de creuser (s'il s'agit de neige molle... si la glace est accessible, on fait un ancrage à l'aide des vis à glace! On suit svp!). 


Ancrage dit de la boîte aux lettres (c'est un facteur qui l'a inventé) avec le premier objet sous la main : notre piolet (mais un corps-mort de pro, les crampons, les skis, voire le sac fonctionnent aussi). On creuse parallèlement à la crevasse avec le piolet ou les mains. On fixe une sangle avec un noeud d'alouette (c'est une... ok j'arrête les gags nuls) au centre de gravité du piolet. On enfouit tout ça bien au fond de la boîte, lame du piolet vers le bas, on recouvre de neige, on tasse bien. La sangle sort maintenant perpendiculairement de la boîte en direction de la crevasse. Attention : On fait une petite tranchée pour le passage de la sangle pour éviter que le piolet se fasse éjecter. On fixe un mousqueton à vis sur la sangle. Ce sera notre ancrage de base. Le travail peut commencer. On chope la poignée et on la fixe à l'aide d'un deuxième mousqueton à vis sur le mousqueton central. L'amarrage tient le coup ?? Bravo!! On peut respirer, le coco est sécurisé sur l'ancrage. Le plus dur est fait... ouf! (photo)


On peut libérer de la corde de réserve et, tout en se sécurisant au mousqueton central avec un noeud d'amarre, aller voir si coco va bien et comment se présente la sortie de la crevasse (placer un sac, un bâton, ou un piolet sous la corde à la lèvre de la crevasse pour éviter que la corde s'enfonce dans la neige lors du hissage). (photo)



- troisième volet : le mouflage. Voici une technique qui fonctionne dans tous les cas même si coco est inconscient. De retour à notre ancrage, on ajoute un troisième mousqueton à vis à notre mousqueton central. On y fixe le bloqueur (dans le bon sens, y'a un dessin!!). (photo)


On redescend le long de la corde et on y fixe notre tibloc avec un mousqueton et on y ajoute la poulie oscillante si coco avait abusé de la fondue le jour précédant (photo à gauche). C'est bon, on a de quoi tracter!! Le prussik va bientôt nous embêter car se coincer dans le mousqueton, on l'enlève donc (photo à droite).











Oh hisse! Lorsque le tibloc/poulie arrive en butée sur le bloqueur, on redescend le tibloc/poulie le long de la corde.













Si coco est décidément trop lourd, on installe une cordelette fixée sur notre mousqueton central. On fait passer la cordelette dans le système tibloc/poulie/mousqueton, on fixe un mousqueton en bout de cordelette dans lequel on fait passer notre corde. (voir la seconde photo)

Et voilà!


Il existe évidemment d'autres types de mouflage. Coco aurait pu se rendre utile en organisant un auto-sauvetage et en se hissant le long de la corde à l'aide du bloqueur et du tibloc/poulie installé au-dessus de lui. 


Joli site d'école! Merci à François, Patrick, Samuel et papa Maurice pour cette belle journée!

Cf : "Sports de montagne d'été. Technique, Tactique, Sécurité", Winkler, Brehm, Haltmeier, 2006, Editions du CAS.